Claire MARIN, doctorante en 2ème année à l'IRD - Institut de Recherche pour le Développement - de UMR MIVEGEC est venue sur le jardin le 22 septembre pour réaliser une étude.
"Je prépare une thèse sur les moustiques et la pollution plastique. Ce projet part d'un constat : le plastique se fragmente peu à peu en minuscules particules, les « microplastiques », que l'on retrouve aujourd'hui partout dans l'environnement (eau, sol, atmosphère). On commence à se demander si cette pollution pourrait influencer la transmission de maladies par les moustiques, mais cela n'a encore jamais été démontré.
Les moustiques, et en particulier le moustique tigre (Aedes albopictus), pondent dans de très petites quantités d'eau stagnante, souvent dans des objets fabriqués par l'homme (soucoupes de pots de fleurs, pneus, etc.). Leurs larves vivent donc fréquemment dans des récipients en plastique, où les microplastiques peuvent s'accumuler. Nous collectons ainsi des larves, ainsi que l'eau où elles vivent, dans une quarantaine de sites de Montpellier et de ses environs. Au laboratoire, nous isolerons les particules de plastique et nous identifierons leur nature (type de plastique, taille, forme, couleur) afin de comparer ce qu'il y a dans l'eau et ce qu'il y a dans les larves. Cela nous permettra d'estimer la quantité de microplastiques à laquelle les larves sont réellement exposées dans leurs gîtes, et ainsi de mener des études plus réalistes sur l'effet de leur ingestion sur la transmission de maladies par les moustiques.
Lors de notre passage chez vous, nous avons récolté une quarantaine de larves dans des barquettes en plastique remplies d'eau. Pour notre étude, c'est un site très intéressant : merci de nous avoir permis de les prélever. Si vous le souhaitez, nous pourrons vous communiquer les résultats. Le traitement de tous nos échantillons prendra plusieurs mois, ils ne seront donc pas disponibles rapidement.
Un petit geste utile : le moustique tigre est une espèce invasive qui peut transmettre des maladies comme la dengue ou le chikungunya, dont des cas ont déjà été signalés dans la région. Pour limiter sa présence autour de vous, nous vous conseillons de vider ou de renouveler l'eau stagnante (soucoupes, barquettes, arrosoirs, récipients oubliés) tous les 5 à 7 jours : sans eau stagnante, les larves ne peuvent pas se développer."
Une information intéressante aussi : pas (ou très peu) de larve de moustique dans la mare, une preuve qu'avec un équilibre écologique en place, une mare n'engendre pas de surpopulation de moustiques.
Merci à Claire pour cette étude, nous avons hâte de lire les conclusions des résultats.